L’ergonomie au travail : un levier de bien-être souvent sous-estimé

L’ergonomie est bien plus qu’une question de confort ; elle vise à adapter l’environnement de travail aux besoins et aux capacités de chaque salarié pour préserver sa santé et favoriser son bien-être. Pourtant, malgré les preuves de son efficacité, l’ergonomie reste souvent reléguée au second plan dans les stratégies de prévention en entreprise. Dans cet article, nous explorerons pourquoi l’ergonomie est un levier essentiel pour le bien-être des salariés et comment des ajustements simples peuvent améliorer la qualité de vie au travail.

Qu’est-ce que l’ergonomie au travail ?

L’ergonomie est la discipline qui consiste à adapter le travail, les équipements et l’environnement de travail aux besoins et aux capacités de l’individu, pour réduire les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) et autres problèmes de santé liés aux postes de travail.
En entreprise, l’ergonomie touche plusieurs aspects : les postes de travail, les outils utilisés, la disposition des espaces, et même l’organisation des tâches. Une approche ergonomique prend en compte les contraintes physiques (mobilier, outils) et les contraintes mentales (charge de travail, organisation) auxquelles les employés sont confrontés.

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Pourquoi l’ergonomie est-elle sous-estimée ?

Malgré son importance, l’ergonomie est souvent perçue comme un luxe ou une dépense supplémentaire. De nombreuses entreprises la considèrent comme un simple ajout de confort, sans lien direct avec la productivité ou la santé. En réalité, ignorer l’ergonomie peut entraîner des problèmes de santé chez les employés, augmenter l’absentéisme et réduire l’efficacité de l’équipe.
Les raisons pour lesquelles l’ergonomie est sous-estimée incluent :
Un manque de sensibilisation : les employeurs et les salariés méconnaissent souvent les bénéfices concrets d’un poste de travail ergonomique.
Des coûts initiaux : bien qu’investir dans des aménagements ergonomiques soit rentable à long terme, le coût initial peut dissuader certaines entreprises.
Une priorisation insuffisante : dans des environnements à forte pression, la prévention des risques physiques est souvent secondaire par rapport à d’autres objectifs opérationnels.

Les bénéfices de l’ergonomie pour le bien-être au travail

L’adaptation ergonomique du poste de travail peut grandement améliorer la santé physique, la satisfaction et la performance des salariés. Voici les principaux bénéfices :

a. Réduction des troubles musculo-squelettiques (TMS)
Les TMS sont l’un des risques professionnels les plus fréquents et résultent souvent de postures inadaptées ou d’une répétition excessive de certains mouvements. Un poste de travail ergonomique permet de réduire les sollicitations inutiles et de prévenir les douleurs et les blessures.

b. Amélioration de la santé mentale et réduction du stress
Un environnement de travail ergonomique limite les contraintes physiques, ce qui diminue indirectement le stress. De plus, le bien-être physique contribue au bien-être mental ; un salarié qui se sent bien physiquement est plus apte à gérer le stress et les tâches complexes.

c. Augmentation de la productivité
Lorsque les employés sont installés confortablement, ils sont moins distraits par les douleurs et peuvent se concentrer pleinement sur leurs tâches. Des études montrent qu’un poste de travail adapté permet de travailler plus efficacement et avec moins de fatigue, ce qui augmente la productivité.

d. Réduction de l’absentéisme et du turnover
Un environnement de travail ergonomique contribue à la fidélisation des employés, car ils se sentent pris en considération et voient que leur bien-être est valorisé. La diminution des problèmes de santé liés aux mauvaises postures réduit également les congés maladie.

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Mettre en place une culture de l’ergonomie

Pour que les efforts d’ergonomie soient efficaces, il est crucial de sensibiliser l’ensemble des employés et des managers. Une culture de l’ergonomie implique de valoriser le bien-être physique et mental de chaque collaborateur en l’intégrant aux pratiques de travail quotidiennes.

a. Sensibiliser les employés aux principes de l’ergonomie
Au-delà des bonnes postures, il s’agit de faire comprendre aux collaborateurs l’importance de l’ergonomie dans la prévention des risques pour leur santé et leur bien-être global. Cette sensibilisation doit aborder non seulement l’aménagement du poste de travail, mais aussi la manière d’organiser sa journée, de gérer ses pauses, et d’adopter un mode de vie équilibré pour un meilleur bien-être au travail.
Conseil pratique : Organiser des ateliers ou des sessions d’information sur l’ergonomie, expliquant les différents aspects (physiques, mentaux, organisationnels) pour que chacun puisse intégrer ces principes dans sa routine professionnelle.

b. Faire des managers des ambassadeurs de l’ergonomie
Les managers ont un rôle clé à jouer dans l’implémentation d’une culture ergonomique. En tant qu’intermédiaires entre les employés et la direction, ils peuvent encourager les bonnes pratiques, observer les besoins spécifiques de leurs équipes, et identifier les situations à risque. Il est essentiel que les managers soient sensibilisés aux enjeux de l’ergonomie et qu’ils encouragent activement des comportements favorisant le bien-être.
Conseil pratique : Former les managers pour qu’ils soient en mesure d’évaluer et de promouvoir l’ergonomie dans leurs équipes, en étant attentifs aux signes de fatigue physique ou mentale et en favorisant des initiatives de prévention.

c. Encourager une culture de pauses actives et de gestion du rythme de travail
Une culture ergonomique ne se limite pas aux aménagements physiques du poste de travail ; elle comprend aussi des pratiques favorisant un équilibre entre performance et bien-être. Encourager les pauses actives, la gestion du rythme de travail, et l’autonomie des collaborateurs dans l’organisation de leurs tâches peut contribuer à prévenir la fatigue mentale et physique.
Conseil pratique : Mettre en place des pauses actives structurées (par exemple, quelques minutes de marche, d’étirement, ou d’exercices respiratoires) et encourager une gestion flexible du rythme de travail pour renforcer la concentration et le bien-être.

d. Solliciter un ergonome pour des besoins spécifiques
Dans certaines situations, faire appel à un ergonome professionnel peut être nécessaire pour évaluer les postes de travail de manière plus approfondie et proposer des solutions personnalisées. L’ergonome peut aider à identifier les facteurs de risque et à recommander des adaptations spécifiques selon les besoins des collaborateurs et les contraintes de chaque poste.
Conseil pratique : Envisager des consultations ponctuelles avec un ergonome, qui pourra réaliser des audits ergonomiques et conseiller des ajustements pour les postes de travail nécessitant une attention particulière.

1 réflexion sur “L’ergonomie au travail : un levier de bien-être souvent sous-estimé”

  1. MARIE CLAUDE BONNEVILLE

    Hélàs, l’ergonomie est souvent oublié dans dans les métiers de l’accompagnement et du conseil. Je pense aux conseillers en insertion professionnelle qui sont abstreints à des charges mentales importantes. Pourtant, le CIP recoit du public, son travail aurait du sens – aider le demandeur d’emploi a retouver un travail. Or, dans les faits, le sens du travail est happé par toutes les process de qualité et de sécurité. Suivre des procédures souvent créés pas des personnes qui ne sont pas du terrain et dont l’objectif unique est la productivité et l’économie.
    Nous retrouvons une cadence soutenue des tâches qui peuvent devenir répétitives sur la durée, l’application des procédures et le manque d’autonomie. Nous revenons aux temps moderne de Charlie Chaplin où Les employés étaient soumis au travail à la chaîne pouvaient faire face à des problèmes d’isolement social et de perte de motivation. Nous savons que la monotonie des tâches et la pression constante peuvent contribuer au stress, à l’anxiété et même à la dépression professionnelle, affectant ainsi la santé mentale. Afin d’éviter ce problème de santé mantale, l’employeur utilise le contrats à durée déteminé d’usage précarisant encore plus le salarié. C’est un contrat sans prime de précarité comme pour un vrai contrat a durée déterminé, il est évident que la motivation au travail ne peut pas être optimum mais le turn over est privilégié au détriment de la sécurité au travail, l’employeur évite les arrêts de travail et échappe aux maladies du mal être des salariés. L ’employeur n’a rien a faire de l’ergonomie dans ce cas.

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